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Sondage créé le 15/01/07 :

 

 

Victor Hugo au fil des saisons…

Le siècle 1800
avait juste 2 ans
lorsque Victor Hugo
naquit à Besançon
où son père, ce héros,
était en garnison.

Contre la tyrannie ayant voulu se battre
sous Napoléon III il fut mis en exil ;
près de 20 ans il vécut dans une île
écrivant des vers 4 à 4.

Dans ses poèmes tout résonne,
notre cœur bat, la foudre tonne
et de l'abîme jusqu'aux cimes
l'écho fait retentir la rime.

Poète, romancier, apôtre,
ami de tout le genre humain
il est pourtant mort comme un autre
en 1885.

Jean Tardieu

 

Textes choisis par Simone Arnaudeau (Paris)
Photos de François Chappard (Besançon)

Statue par le sculpteur bisontin Just Bequet (1829-1907)

Spectacle rassurant
Les Rayons et les ombres (1840)

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Tout est lumière, tout est joie.
L'araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie
Ses rondes dentelles d'argent.

La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l'étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux !

La rose semble, rajeunie,
S'accoupler au bouton vermeil ;
L'oiseau chante plein d'harmonie
Dans les rameaux pleins de soleil.

Sa voix bénit le Dieu de l'âme
Qui, toujours visible au coeur pur,
Fait l'aube, paupière de flamme,
Pour le ciel, prunelle d'azur !

Sous les bois, où tout bruit s'émousse,
Le faon craintif joue en rêvant ;
Dans les verts écrins de la mousse
Luit le scarabée, or vivant.

La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent ;
Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale
D'où la douceur du ciel descend !


La giroflée avec l'abeille
Folâtre en baisant le vieux mur ;
Le chaud sillon gaîment s'éveille,
Remué par le germe obscur.


Tout vit, et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert !


La plaine brille, heureuse et pure ;
Le bois jase ; l'herbe fleurit ...
- Homme ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret, et sourit.

"Les Châtiments" sont une œuvre politique… Qui ne se souvient pas de ce texte (dont voici un extrait) qui dénonce les guerres (et défaites) napoléoniennes, et de manière générale l'absurdité de la guerre…

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l'aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l'empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. Les blessés s'abritaient dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés,
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.
Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d'être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n'avait pas de pain et l'on allait pieds nus.
Ce n'étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sous le ciel noir […]

 

 

 

 


© SimoneA, 2003-2008