Victor
Hugo au fil des saisons
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Le
siècle 1800
avait juste 2 ans
lorsque Victor Hugo
naquit à
Besançon
où son père, ce héros,
était
en garnison.
Contre
la tyrannie ayant voulu se battre
sous Napoléon III il fut mis en exil
;
près de 20 ans il vécut dans une île
écrivant
des vers 4 à 4.
Dans
ses poèmes tout résonne,
notre cur bat, la foudre tonne
et
de l'abîme jusqu'aux cimes
l'écho fait retentir la rime.
Poète,
romancier, apôtre,
ami
de tout le genre humain
il est pourtant mort comme un autre
en
1885.
Jean
Tardieu
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Textes
choisis par Simone Arnaudeau (Paris)
Photos de François Chappard (Besançon)
Statue
par le sculpteur bisontin Just Bequet (1829-1907)
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Spectacle
rassurant
Les Rayons et les ombres (1840)
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Tout
est lumière, tout est joie.
L'araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie
Ses rondes dentelles d'argent.
La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l'étang
splendide où pullule
Tout un monde mystérieux !
La rose semble, rajeunie,
S'accoupler au bouton vermeil ;
L'oiseau chante
plein d'harmonie
Dans les rameaux pleins de soleil.
Sa voix bénit le Dieu de l'âme
Qui, toujours visible au coeur
pur,
Fait l'aube, paupière de flamme,
Pour le ciel, prunelle d'azur
!
Sous les bois, où tout bruit s'émousse,
Le faon craintif joue
en rêvant ;
Dans les verts écrins de la mousse
Luit le scarabée,
or vivant.
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La
lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent ;
Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale
D'où la douceur du ciel descend
!
La giroflée avec l'abeille
Folâtre en baisant le vieux mur ;
Le chaud sillon gaîment s'éveille,
Remué par le germe
obscur.
Tout vit, et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L'ombre
qui fuit sur l'eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert !
La plaine brille, heureuse et pure ;
Le bois jase ; l'herbe fleurit ...
- Homme ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret, et sourit.
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"Les
Châtiments" sont une uvre politique
Qui ne se souvient
pas de ce texte (dont voici un extrait) qui dénonce les guerres (et défaites)
napoléoniennes, et de manière générale l'absurdité
de la guerre
Il
neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première
fois l'aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l'empereur revenait
lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il
neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine
blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait
plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. Les blessés s'abritaient
dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés,
Restés
debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre
aux trompettes de cuivre.
Boulets, mitraille, obus, mêlés aux
flocons blancs,
Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d'être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
Il neigeait,
il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des
lieux inconnus,
On n'avait pas de pain et l'on allait pieds nus.
Ce
n'étaient plus des curs vivants, des gens de guerre :
C'était
un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres
sous le ciel noir [
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