Le
temps a laissé son manteau De
vent, de froideur et de pluie Et
s'est vêtu de broderies De
soleil luisant clair et haut. Charles
d'Orléans (1391-1466) | C'est
aux champs que l'Amour naquit L'Amour se déplaît à la
ville. Un bocage fut son asile Un gazon fut son premier lit. Évariste
D. de Parny (1753-1814) | Rompant
soudain le deuil de ces jours pluvieux Sur les grands marronniers qui pendent
sans couronne, Sur l'eau, sur le tardif parterre et dans mes yeux, Tu
verras ta douceur, pâle soleil d'automne. Jean
Moreas (1856-1910) | Quand
je suis parmi vous, Arbres de ces grands bois Dans tout ce qui m'entoure
Et me cache à la fois Dans votre solitude où Je rentre moi-même
Je sens quelqu'un de grand Qui m'écoute et qui m'aime. Victor
Hugo |

Epitaphe
sur une pierre tombale Vois la porte d'où je sors
O mes roses
et mes épines ! Qu'importe l'autrefois , Je dors En songeant aux
choses divines
Renée
Vivien (1877-1909) Et
laissez-nous mener vers le jardin de l'avenir La lumière porte
son secret. Patrice de La Tour du Pin, Une somme
de poésie | 
L'Adieu J'ai
cueilli ce brin de bruyère L'automne est morte souviens-t-en Nous
ne nous verrons plus sur terre Odeur du temps brin de bruyère Et
souviens-toi que je t'attends. Guillaume
Apollinaire (1880-1918), Alcools. Ce
n'est pas drôle de mourir Et d'aimer tant de choses.
La nuit est bleue et les matins roses, Les fruits
lents à mûrir. Jean-Paul Toulet, Poèmes inachevés
| 
C'est
l'heure faste où le couchant Met son point d'orgue sous les arbres
Comme pour exalter le chant Qu'ici on grave sur les marbres. Respire sur
ces tertres verts Le lyrique encens de la terre.
Pascal Bonetti, Promenade vespérale
Ville
au bout de la route Et route prolongeant la ville, Ne
choisis donc pas l'une ou l'autre, Mais l'une et l'autre bien
alternées.
Victor Segalen, Conseils au voyageur | 
Les
astres au ciel noir commencent à neiger Et là-bas, immobiles
au sommet de la côte Rêve la silhouette d'un berger. Albert
Samain, (1858-1900) |