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Fragments de vies…

La Toile regorge de sites plus ou moins prestigieux si vous voulez tout connaître des écrivains de ce site.
Ceci est donc un choix personnel de citations.

 

  A Rouen parmi les nobles édifices
  naquit en 1606
  Pierre Corneille le Tragique
  auteur de pièces héroïques

  On voit dans ses tragédies
  des saints des rois des soldats
  le cœur grand l'âme hardie :
  le Cid, Polyeucte, Cinna.

  Comme un chêne qu'il faut abattre,
  à près de 80 ans
  il est mort toujours vaillant
  en 1684.

  Jean Tardieu  

À Pierre Corneille
Ô vieux Corneille, ainsi la jeune Melpomène,
Son beau sein palpitant d’orgueil et de fureur,
Te chantait d’une voix terrible et surhumaine :
Et disait ta vertu, devant un empereur.
Oh ! tandis que sa lèvre, imposant l’épouvante,
Célébrait ton martyre en vers mélodieux,
N’as-tu pas tressailli dans ta tombe vivante,
Romain des anciens jours, homme pareil aux Dieux ?

Théodore de Banville
Pour d'autres textes de Th. de Banville, Passe le temps


 "La nomination de Fénelon au préceptorat…
Il n'y eut pas de surprise lorsque le Roi annonça le 16 août 1689 les nominations de Beauvilliers et de Fénelon : l'un ne pouvait aller sans l'autre. Sans doute il avait fallu dissiper le soupçon de jansénisme, mais l'abbé avait été justifié par les témoignages de M. Tronson, du jésuite Le Valois et du Hébert Cuif. l'opinion semble avoir été unanime à applaudir à ces deux choix. rivalisant d'emphase avec sa fille, Mme de Sévigné les déclare "divins".

J. Orcibal, Correspondance de Fénelon, t. 1.


 Nous ne savons ni comment ni à quelle date, il revint de Limoges. Tout laisse à croire que ce fut avant la fin de l'année 1665. Il reprit ses allées et venues entre Paris, sa ville et reims. Il s'occupait fes eaux et Forêts, car le duc tardait trop à le rembourser de sa ma^îtrise. Et il écrivait des contes. Lesquels ? On ne sait trop, il en avait plusieurs en poche.
Il en est un qu'il ne publia avec les autres que l'année suivante sous le titre "Imitation d'un livre intitulé
Les Arrêts d'Amour" ! Il y a en La Fontaine un fouineur de vieux textes,dont il aime, avec le parfum d'archaïsme, le fruit plus relevé de gauloiserie et de familiarité.

La Fontaine ou La vie est un conte, Jean Orieux.

 

     C'est sa réussite exceptionnelle qui a attiré des antipathies à Buffon ; car il n'a pas seulement été un écrivain heureux ; il a été aussi une espèce de savant officiel et un homme riche." (…) Il avait vingt-cinq ans en 1732, quand un remariage de son père le mit à la tête de la fortune importante de sa mère ; il ajouta alors à son nom, Georges Louis Leclerc, celui d'une de ses terres : Buffon.

Littérature française, t.2, R. Mauzi et S. Menant


     "J'arrive à Paris. J'allai prendre la fourrure et m'installer parmi les docteurs de la Sorbonne. Je rencontre sur mon chemin une femme belle comme un ange ; je veux coucher avec elle, j'y couche ; j'en ai quatre enfants, et me voilà forcé d'abandonner les mathématiques que j'aimais, Homère et Virgile que je portais toujours dans ma poche, le théâtre pour lequel j'avais du goût : trop heureux d'entreprendre l'Encyclopédie, à laquelle j'ai sacrifié vingt-cinq ans de ma vie."

Diderot, Salon de 1767.


 

     "Je vous en prie, ne vous mêlez jamais de conseiller ni de blâmer les gens qui se sentent au fond de l'eau et qui veulent revenir à la surface. Jamais les gens riches ne comprendront les malheureux."

Balzac, Lettre à Madame Hanska.


– Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère !

Au lecteur, Les Fleurs du mal, Baudelaire


     Aristocratique mais ardemment républicaine, sa famille ne fut jamais pour Banville un obstacle à son dessein d'écrivain. Elle partagea sa haine du bourgeois, qu'il se nomme Scribe ou Guizot, et fut de connivence dans ses fréquentations de la bohème parisienne des années 1840.

Dictionnaire des littératures de langue française, Bordas


  "J'écris ces vers, ainsi qu'on fait des cigarettes
Pour moi, pour le plaisir ; et ce sont des fleurettes
Que peut-être il valait bien mieux ne pas cueillir ;
car cette impression qui m'a fait tressaillir,
Ce tableau d'un instant rencontré sur ma route,
Ont-ils un charme enfin pour celui qui m'écoute ?
Je ne le connais pas. Pour se plaire à ceci,
Est-il comme moi-même un rêveur endurci ?
Ne peut-il se fâcher qu'on lui prête ce rôle ?
– Fi donc ! lecteur, tu lis par-dessus mon épaule. "

François Coppée.


   "C'est de la publication d'Atala que date le bruit que j'ai fait dans ce monde : je cessai de vivre de moi-même et ma carrrière publique commença. Après tant de succès militaires, un succès littéraire paraissait un prodige ; on en était affamé. (…) Je devins à la mode. La tête me tourna : j'ignorais les jouissances de l'amou-propre et j'en fus enivré. J'aimais la gloire comme une femme, comme un premier amour. Cependant, poltron que j'étais, mon effroi égalait ma passion : conscrit, j'allais mal au feu."

Livre XIII, chap. 6 des Mémoires d'Outre-Tombe, Chateaubriand.


   Cruellement, ainsi que le craint Daudet, "le plus effrayant dans la vie, c'est encore le grand bonheur : comme un paratonnerre, il attire la foudre." En parfait provençal, tendre et superstitieux, daudet sait que la réussite et l'amour ont ceci de suspect : leurs lendemains maussades, mystérieux contrepoids tombés on ne sait d'où.
"_ Dieu, assure-t-il, envoie des douleurs au poète".
   Il est servi.

Alphonse Daudet, Jacques Rouré.


   Alexandre semble deviner dans un présent de fêtes, d'opérettes, d'exposition universelle, un bruit épouvantable de bottes et de canon. Il donne en feuilleton "Les Blancs et les Bleus", sous-titrés "Les Prussiens sur le Rhin" ("Le Mousquetaire", 13janvier-22février 1867) et "la Terreur prussienne" ("La Situation"). La Prusse l'inquiète : là-bas, en Bohême, près de Chlum, l'armée prussienne a mis en déroute les troupes autrichiennes (Sadowa, 3 juillet 1866) puis en juillet a occupé Francfort.

Alexandre Dumas, Claude Schopp.


 "Tout jeune, j'ai ouvert mes bras à la pureté. Ce ne fut qu'un battement d'ailes au ciel de mon éternité, qu'un battement de cœur amoureux qui bat dans les poitrines conquises. Je ne pouvais plus tomber.
Aimant l'amour. En vérité, la lumière m'éblouit. J'en garde assez en moi pour regarder la nuit, toute lanuit, toutes les nuits."

Paul Éluard, Donner à voir, Gallimard, 1939.


"Théophile Gautier, ce styliste à l'habit rouge pour le bourgeois, apporte dans les choses littéraires le plus étonnant bon sens et le jugement le plus sain, et la plus terrible lucidité jaillissant en petites phrases toutes simples, d'une voix qui est comme une caresse. Cet homme, au premier abord un peu fermé ou plutôt comme enseveli au fond de lui-même, a un grand charme, et devient avec le temps sympathique au plus haut degré…"

(Journal des Goncourt), cité par Anne Ubersfeld, Théophile Gautier, Stock.


À Leconte de Lisle
  "Un à un, vous les avez vus naître, ces poèmes. Ils sont comme des chaînons qui nous rattachent au temps déjà lointain où vous enseigniez aux jeunes poètes, avec les règles et les subtils secrets de notre art, l'amour dela poésie pure et du pur langage français. Je vous suis plus redevable que tout autre : vous m'avez jugé digne de votre amitié."

J.-M. de Hérédia, Préface des Poésies complètes, éd. de Paris, 1924.


"Quand nous habitions tous ensemble
Sur nos collines d'autrefois,
Où l'eau court, où le buisson tremble,
Dans la maison qui touche au bois,

Elle avait dix ans, et moi trente ;
J'étais pour elle l'univers.
Oh ! comme l'herbe est odorante
Sous les arbres profonds et verts!

Elle faisait mon sort prospère,
Mon travail léger, mon ciel bleu.
Lorsqu'elle me disait : Mon père,
Tout mon cœur s'écriait : Mon Dieu !"

Les Contemplations, Victor Hugo.


Lorsqu'il est reçu, solennellement, à l'Académie, en avril 1830, Lamartine, qui prend la parole pour la première fois, glisse dans son discours une allusion très précise à la Charte ; et, sous forme d'éloge, il indique à la Monarchie que son "seul titre" de gloire est de se montrer sans défaillance, "la tutrice des droits et des progrès du genre humain".

Lamartine, Henri Guillemin.


 

   Les dernières années sont des années sombres. En 1939, Jean Giraudoux devient commissaire général à l’Information. La charge est ingrate et lui vaut bien des hostilités. Comment, en temps de guerre, l’information ne tournerait-elle pas à la propagande ? Pleins pouvoirs, qu’il publie cette même année 1939, est un essai sur les problèmes politiques et sociaux du temps.
Avec la défaite de 1940, Jean Giraudoux quitte son poste et se retire à Cusset, près de Vichy. Son fils Jean-Pierre est parti rejoindre les Forces françaises libres, sous les ordres du général de Gaulle. Son ami Louis Jouvet s’est réfugié en Amérique du Sud où, en 1942, il crée "L’Apollon de Bellac". Jean Giraudoux travaille toujours beaucoup. Véritable testament littéraire," Littérature" paraît en 1941.

Jean Giraudoux.


 

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SimoneA, 2003-2008