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Les grands hommes font leur propre piédestal ; l'avenir se charge de la statue.
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 Paris est un microcosme exemplaire pour la statuaire, aussi ne s'étonnera-t-on pas
d'avoir une majorité de sculptures visibles dans les rues ou les jardins parisiens…
On observera que le culte des grands hommes s'est répandu au XIXe siècle.

Cliquez sur les photos pour les agrandir (336x496).

Edmond About, (1828-1885)
(Cimetière Père Lachaise)
(Photo lescimetieres.com)
 

Honoré de Balzac (1799-1850), par Auguste Rodin, 1898,
(carrefour Bd Raspail et Bd Montparnasse)

Commandée en 1892 par la Société des gens de lettres (alors présidée par Zola) en vue de centenaire, la statue ne fut terminée qu'en 1898. La statue fut exposée au salon mais l'on cria au scandale. En fin de compte, elle ne trouva place sur son piédestal que le 1er juillet 1939 !

"Je vous en prie, ne vous mêlez jamais de conseiller ni de blâmer les gens qui se sentent au fond de l'eau et qui veulent revenir à la surface. Jamais les gens riches ne comprendront les malheureux."

Balzac, Lettre à Madame Hanska.

Théodore de Banville (1823-1891), par Jules Roulleau,
(Jardins du Luxembourg)
Page spéciale

  Aristocratique mais ardemment républicaine, sa famille ne fut jamais pour Banville un obstacle à son dessein d'écrivain. Elle partagea sa haine du bourgeois, qu'il se nomme Scribe ou Guizot, et fut de connivence dans ses fréquentations de la bohème parisienne des années 1840.

Dictionnaire des littératures de langue française, Bordas

Charles Baudelaire (1821-1867) par Fix-Masseau
(Jardins du Luxembourg)

– Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère !

Au lecteur, Les Fleurs du mal, Baudelaire

Pierre-Augustin Caron Beaumarchais (1732-1799) par Louis Clausade
(Paris IVe)

Je me presse de rire de tout de peur d'en pleurer

Le Barbier de Séville, Beaumarchais

Henri Bernardin de Saint-Pierrre
(1737-1814),
( Jardin des plantes, Paris)

Le monde lui apparaît comme un paysage immense qui a des milliers d'aspects différents ; le physicien en observe les phénomènes et les explique ; le botaniste y recueille des plantes et les classe ; le chimiste y cherche les éléments des corps et les combine, et le géomètre leur applique des formules savantes qui lui en révèlent les lois. Les uns du fond de la vallée, les autres du sommet de la montagne, chacun suivant la place qu'il occupe et à la portée de sa vue, observent un des points de cet univers ; mais l'auteur des Etudes (Etude de la nature) en embrasse l'ensemble et en dessine les proportions. Ses pensées, come des filles du ciel, parcourent le globe pour en saisir les harmonies ; elles guident le voyageur dans ses courses lointaines, et s'asseyant auprès du pilote mélancolique, elles lui montrent dans les mêmes parages des courants attiédis et des courants glacés qui ne sont point marqués sur ses cartes ; elles lui découvrent les relations secrètes de ces courants avec les aquilons du pôle, les vents réglés de la zone torride, l'ordre constant de nos saisons, et le cercle immense des harmonies du globe !

Apologie (Supplément à l'Essai sur la vie et les ouvrages de Bernardin de Saint-Pierre […] par Louis Aimé-Martin, Paris, 1826.

Jacques Bénigne Bossuet 1627-1704), Fontaine Saint-Sulpice.

 

Georges Buffon (1707-1788), par Jean Carlus, 1908,
(Jardin des Plantes)

C'est sa réussite exceptionnelle qui a attiré des antipathies à Buffon ; car il n'a pas seulement été un écrivain heureux ; il a été aussi une espèce de savant officiel et un homme riche." (…) Il avait vingt-cinq ans en 1732, quand un remariage de son père le mit à la tête de la fortune importante de sa mère ; il ajouta alors à son nom, Georges Louis Leclerc, celui d'une de ses terres : Buffon.

Miguel de Cervantes Saavedra (1547-1616) et ses héros
(Plaza del Espana, Madrid)

Cervantès en Don Quichotte par Gérard Leroy.
Honoré Champion (1846-1913).
(Cimetière du Montparnasse, Paris)
 

François René de Chateaubriand (1768-1848).
(Square des Missions étrangères, Paris.)

 "C'est de la publication d'Atala que date le bruit que j'ai fait dans ce monde : je cessai de vivre de moi-même et ma carrrière publique commença. Après tant de succès militaires, un succès littéraire paraissait un prodige ; on en était affamé. (…) Je devins à la mode. La tête me tourna : j'ignorais les jouissances de l'amou-propre et j'en fus enivré. J'aimais la gloire comme une femme, comme un premier amour. Cependant, poltron que j'étais, mon effroi égalait ma passion : conscrit, j'allais mal au feu."

Livre XIII, chap. 6 des Mémoires d'Outre-Tombe, Chateaubriand.

Sidonie Gabrielle Colette (1873-1954).
(Palais Royal, Paris.)
 

Auguste Comte (1798-1857)
(Place de la Sorbonne).
Statue de Jabert érigée en 1902 à l'initiative de Pierre Lafitte par souscription internationale.
Commentaire : A droite du buste, la figure de Clotilde De Vaux, l'inspiratrice du philosophe, en déesse de l'humanité, qui symbolise la transmission intergénérationnelle du savoir ; à gauche un jeune homme représentant l'accès au savoir du prolétariat.
"Ordem et progresso", la devise du philosophe positiviste figure sur le drapeau national du Brésil.

François Coppée (1842-1908).

 

"J'écris ces vers, ainsi qu'on fait des cigarettes
Pour moi, pour le plaisir ; et ce sont des fleurettes
Que peut-être il valait bien mieux ne pas cueillir ;
car cette impression qui m'a fait tressaillir,
Ce tableau d'un instant rencontré sur ma route,
Ont-ils un charme enfin pour celui qui m'écoute ?
Je ne le connais pas. Pour se plaire à ceci,
Est-il comme moi-même un rêveur endurci ?
Ne peut-il se fâcher qu'on lui prête ce rôle ?
– Fi donc ! lecteur, tu lis par-dessus mon épaule. "

François Coppée.

Pierre Corneille (1606-1684), par Gabriel Rispal, placée en 1952 place des Grands hommes, Paris 5e, côté Bibliothèque Sainte-Geneviève.
 A Rouen parmi les nobles édifices
  naquit en 1606
  Pierre Corneille le Tragique
  auteur de pièces héroïques

  On voit dans ses tragédies
  des saints des rois des soldats
  le cœur grand l'âme hardie :
  le Cid, Polyeucte, Cinna.

  Comme un chêne qu'il faut abattre,
  à près de 80 ans
  il est mort toujours vaillant
  en 1684.

  Jean Tardieu  

À Pierre Corneille
Ô vieux Corneille, ainsi la jeune Melpomène,
Son beau sein palpitant d’orgueil et de fureur,
Te chantait d’une voix terrible et surhumaine :
Et disait ta vertu, devant un empereur.
Oh ! tandis que sa lèvre, imposant l’épouvante,
Célébrait ton martyre en vers mélodieux,
N’as-tu pas tressailli dans ta tombe vivante,
Romain des anciens jours, homme pareil aux Dieux ?

Théodore de Banville
Pour d'autres textes de Th. de Banville

Alphonse Daudet (1840-1897) , par René de Saint-Marceaux, (fontaine de l'Elysée)

  Cruellement, ainsi que le craint Daudet, "le plus effrayant dans la vie, c'est encore le grand bonheur : comme un paratonnerre, il attire la foudre." En parfait provençal, tendre et superstitieux, daudet sait que la réussite et l'amour ont ceci de suspect : leurs lendemains maussades, mystérieux contrepoids tombés on ne sait d'où.
"_ Dieu, assure-t-il, envoie des douleurs au poète".
   Il est servi.

Alphonse Daudet, Jacques Rouré.

 

Denis Diderot (1713-1784), bronze par Jean Gautherin,
1886, (Boulevard St Germain)

 "J'arrive à Paris. J'allai prendre la fourrure et m'installer parmi les docteurs de la Sorbonne. Je rencontre sur mon chemin une femme belle comme un ange ; je veux coucher avec elle, j'y couche ; j'en ai quatre enfants, et me voilà forcé d'abandonner les mathématiques que j'aimais, Homère et Virgile que je portais toujours dans ma poche, le théâtre pour lequel j'avais du goût : trop heureux d'entreprendre l'Encyclopédie, à laquelle j'ai sacrifié vingt-cinq ans de ma vie."

Diderot, Salon de 1767.

 

Alexandre Dumas père (1802-1870), par Gustave Doré,
(Place Malesherbes)

ci-contre : D'Artagnan…
La rose Alexandre Dumas

 Alexandre semble deviner dans un présent de fêtes, d'opérettes, d'exposition universelle, un bruit épouvantable de bottes et de canon. Il donne en feuilleton "Les Blancs et les Bleus", sous-titrés "Les Prussiens sur le Rhin" ("Le Mousquetaire", 13janvier-22février 1867) et "la Terreur prussienne" ("La Situation"). La Prusse l'inquiète : là-bas, en Bohême, près de Chlum, l'armée prussienne a mis en déroute les troupes autrichiennes (Sadowa, 3 juillet 1866) puis en juillet a occupé Francfort.

Alexandre Dumas, Claude Schopp.

Alexandre Dumas fils (1824-1895)
(Place Malesherbes)

La statue refusée d'Alexandre Dumas : le général Dumas, grand-père et père des deux Alexandre… (d'après Le Journal de Paris du 28/11/07)

Le projet d'Ousmane Sow, un cheval tenu au mors par son cavalier, a été retoqué, comme les deux autres dossiers concurrents. Il s'agit de remplacer la statue déboulonnée par les Allemands durant l'Occupation. Les artistes sont priés de proposer d'autres esquisses…

Le Poète ou Hommage à Paul Éluard (1895-1852),
par Ossip Zadkine

"Tout jeune, j'ai ouvert mes bras à la pureté. Ce ne fut qu'un battement d'ailes au ciel de mon éternité, qu'un battement de cœur amoureux qui bat dans les poitrines conquises. Je ne pouvais plus tomber.
Aimant l'amour. En vérité, la lumière m'éblouit. J'en garde assez en moi pour regarder la nuit, toute lanuit, toutes les nuits."

Paul Éluard, Donner à voir, Gallimard, 1939.

 

Statue du poète roumain Mihail Éminescu
(1850-1889) par Ion Vlad

"Je ne pensais pas apprendre à mourir,
Jeune à tout jamais,
Drapé dans ma cape."

"La vie est un bien perdu i tu ne la vis pas comme tu l'aurais voulu."

Fénelon, (François Salignac de La Mothe)
Fontaine Saint-Sulpice

"La nomination de Fénelon au préceptorat…
Il n'y eut pas de surprise lorsque le Roi annonça le 16 août 1689 les nominations de Beauvilliers et de Fénelon : l'un ne pouvait aller sans l'autre. Sans doute il avait fallu dissiper le soupçon de jansénisme, mais l'abbé avait été justifié par les témoignages de M. Tronson, du jésuite Le Valois et du Hébert Cuif. l'opinion semble avoir été unanime à applaudir à ces deux choix. rivalisant d'emphase avec sa fille, Mme de Sévigné les déclare "divins".

J. Orcibal, Correspondance de Fénelon, t. 1.

Gustave Flaubert (1821-1880),
Jardin du Luxembourg

 

Esprit Fléchier (1632-1710),
Fontaine Saint-Sulpice

 

 

Théophile Gautier (1811-1872),
Square des poètes (Auteuil)

Page spéciale

 

"Théophile Gautier, ce styliste à l'habit rouge pour le bourgeois, apporte dans les choses littéraires le plus étonnant bon sens et le jugement le plus sain, et la plus terrible lucidité jaillissant en petites phrases toutes simples, d'une voix qui est comme une caresse. Cet homme, au premier abord un peu fermé ou plutôt comme enseveli au fond de lui-même, a un grand charme, et devient avec le temps sympathique au plus haut degré…"

(Journal des Goncourt), cité par Anne Ubersfeld, Théophile Gautier, Stock.

 

Jean Giraudoux(1882-1944) (Bellac, Haute Vienne)

Les dernières années sont des années sombres. En 1939, Jean Giraudoux devient commissaire général à l’Information. La charge est ingrate et lui vaut bien des hostilités. Comment, en temps de guerre, l’information ne tournerait-elle pas à la propagande ? Pleins pouvoirs, qu’il publie cette même année 1939, est un essai sur les problèmes politiques et sociaux du temps.
Avec la défaite de 1940, Jean Giraudoux quitte son poste et se retire à Cusset, près de Vichy. Son fils Jean-Pierre est parti rejoindre les Forces françaises libres, sous les ordres du général de Gaulle. Son ami Louis Jouvet s’est réfugié en Amérique du Sud où, en 1942, il crée "L’Apollon de Bellac". Jean Giraudoux travaille toujours beaucoup. Véritable testament littéraire," Littérature" paraît en 1941.

Jean Giraudoux.

 

Gogol, Nicolas Vassilievitch(1809-1852) 

Photos offertes par Christiane (Normandie)

Phot. G : Cimetière de Novodievitchi
Phot. D : Moscou

José-Maria de Hérédia (1842-1905), par Victor Ségoffin,
(Jardins du Luxembourg)

À Leconte de Lisle
  "Un à un, vous les avez vus naître, ces poèmes. Ils sont comme des chaînons qui nous rattachent au temps déjà lointain où vous enseigniez aux jeunes poètes, avec les règles et les subtils secrets de notre art, l'amour dela poésie pure et du pur langage français. Je vous suis plus redevable que tout autre : vous m'avez jugé digne de votre amitié."

J.-M. de Hérédia, Préface des Poésies complètes, éd. de Paris, 1924.

Victor Hugo (1802-1885), par Jean Boucher (1870-1939)
devant le Musée de l'île de Guernesey.

La rose Victor Hugo

"Quand nous habitions tous ensemble
Sur nos collines d'autrefois,
Où l'eau court, où le buisson tremble,
Dans la maison qui touche au bois,

Elle avait dix ans, et moi trente ;
J'étais pour elle l'univers.
Oh ! comme l'herbe est odorante
Sous les arbres profonds et verts!

Elle faisait mon sort prospère,
Mon travail léger, mon ciel bleu.
Lorsqu'elle me disait : Mon père,
Tout mon cœur s'écriait : Mon Dieu !"

Les Contemplations, Victor Hugo.

 


Retrouvez Victor Hugo, à Besançon et, pour une prmenade poétique dans le square des poètes, Porte d'Auteuil…
 
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